Entretien avec Anaïs Collet (sociologue) Introuvables « bobos » : pourquoi ils n’existent pas

Faire des bobos des traîtres à l’égard du « peuple », c’est décréter implicitement que le « peuple » est intolérant
Anaïs Collet Sociologue, maîtresse de conférences à l’Université de Strasbourg

Ils sont cadres (ou intermittents, non ?), ils roulent à vélo (c’est pas en 4×4 plutôt ?), ont voté Macron (alors là pas du tout, ils votent extrême-gauche !), vivent très confortablement (j’en connais qui ne roulent pas sur l’or, même s’ils ont acheté leur appart’) dans d’anciens quartiers populaires… Bref, les bobos on ne sait pas trop qui c’est, mais ce n’est pas une raison pour ne pas en parler – et même en parler beaucoup, aussi bien quand on évoque l’évolution des métropoles que quand on analyse les résultats des dernières élections. Certains se moquent d’eux, d’autres les détestent, mais qui sont-ils vraiment ? Dans un livre qui vient de paraître, une équipe de sociologues apporte à cette question une réponse cinglante : Les bobos n’existent pas (Presses Universitaires de Lyon, 2018). Anaïs Collet, qui a co-dirigé l’ouvrage, revient sur l’histoire et les usage de ce terme à la fois inconsistant et dangereux politiquement.

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