Hausse de la CSG

Marché de dupes sur le pouvoir d’achat

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28 août 2017

Temps de lecture : 3 minutes

Le gouvernement a confirmé la semaine dernière qu’il engagera en 2018 le transfert des cotisations salariales vers la CSG « afin de redonner 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat aux actifs » et « répartir plus équitablement le financement de la protection sociale, afin d’alléger le poids qui pèse aujourd’hui sur les actifs ».

L’exécutif estime que la suppression des cotisations salariales « maladie » et « chômage » en 2018 -soit 3,15 points de cotisations- financée par la hausse de la CSG de 1,7 point donnera un « gain net de pouvoir d’achat de 1,45 % pour tous les salariés, soit 260 € par an pour un salarié au SMIC ». Cette hausse de la CSG doit être effective au 1er janvier 2018, en revanche la baisse des cotisations sociales sera « réalisée en deux temps ». Cette suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, qui représentent 3,15 % du salaire (2,40 % pour l’assurance-chômage, 0,75 % pour l’assurance-maladie), avait été présentée comme une réforme prioritaire par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

La CGT récuse totalement ces mesures « qui, au nom du pouvoir d’achat, remettent en cause notre modèle social et mettent en opposition actifs et retraités ».

Selon le ministère de l’Économie, cette mesure permettrait un gain de pouvoir d’achat de l’ordre de 20 euros par mois pour un smic, le gain augmentant avec le salaire. Mais la CGT rappelle qu’avec « cette hausse de CSG, les retraités ayant des revenus supérieurs à 1 200 euros par mois pour un célibataire et 1 840 euros pour un couple verront leurs pensions amputées de plusieurs dizaines d’euros par mois. »

La baisse des cotisations en échange de la hausse de la CSG va dans le sens d’un changement profond de notre modèle social fondé sur le travail.

Les conséquences en seront un affaiblissement de la Sécurité sociale, avec un risque de dégradation de la qualité des services et une élévation de leurs coûts. La hausse du salaire net résultant de la baisse des cotisations pourrait aussi peser sur les négociations salariales. Les employeurs pourraient en faire un prétexte pour s’opposer aux revendications des salariés.

Cette mesure pourrait donc surtout profiter aux grandes entreprises car généralement les salaires y sont plus élevés. (…) Cette baisse vise surtout à respecter l’engagement du gouvernement de ramener le déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB. Il s’agit donc d’une opération comptable qui vise à montrer que les engagements européens sont considérés comme prioritaires par le gouvernement.

Pour la CGT, « le seul moyen d’augmenter le pouvoir d’achat, sans affaiblir notre modèle social et sans monter les uns contre les autres, est d’augmenter les salaires. Et c’est possible car, chaque année, on crée plus de richesses en France. Ces surplus vont vers les profits et les hauts revenus ».

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