Urgences sociales : actifs et retraités appelés à agir le 31 janvier et le 5 février

La CGT a appelé à la grève et à des manifestations le 5 février, tandis que neuf organisations de retraités appellent à manifester le 31 janvier.

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19 janvier 2019

Temps de lecture : 3 minutes

Tandis que le chef de l’État voudrait reprendre la main avec le grand débat national pour étouffer la contestation, le mouvement social des gilets jaunes se poursuit et des mobilisations syndicales se préparent.

« Ce ne sont pas les mesurettes récentes annoncées par le gouvernement en réponse au mouvement des gilets jaunes qui répondent aux urgences sociales » . D’emblée la CGT donne le ton dans un communiqué le 17 janvier.

« 57 milliards d’euros versés aux actionnaires des grandes entreprises démontrent l’ampleur des richesses créées par les travailleurs » : ce rapport capital-travail toujours aussi défavorable aux salariés conduit la confédération à appeler à « construire un rapport de force, notamment par la grève, pour imposer au patronat la redistribution des richesses » . Elle invite ses syndicats « à tenir des assemblées générales, sur tous les lieux de travail et dans tous les secteurs professionnels, pour réussir la grève et les manifestions » le 5 février « et débattre des suites à construire dans la durée » .

La CGT revendique une augmentation des salaires et du Smic, la suppression des aides publiques aux entreprises (CICE, exonérations) et une réforme de la fiscalité avec une refonte de l’impôt sur le revenu.

Cette dernière doit conférer « une plus grande progressivité afin d’assurer une plus grande redistribution des richesses et d’alléger le poids de l’impôt indirect pénalisant les salariés et les ménages » .

La CGT a participé à une intersyndicale le 16 janvier avec FO, Solidaires et la FSU avec mandat de proposer un appel à l’action interprofessionnelle. Solidaires s’est dit disponible pour une journée d’action, mais a souhaité consulter ses organisations pour répondre à cette proposition. La délégation de FO était mandatée par sa commission exécutive pour encourager, partout, la tenue d’assemblées générales afin de décider des actions. La centrale doit réunir sa commission exécutive le 24 janvier. La FSU qui tient une réunion d’instance la semaine prochaine est engagée dans un processus d’action dans la Fonction publique, compte tenu de l’importance des réformes annoncées.

Au cours de cette intersyndicale, l’ensemble des organisations a acté le principe d’une expression commune, à la fois sur la réponse aux urgences sociales en matière de salaire, de réforme fiscale et de développement des services publics et sur le respect des libertés publiques.

« Reprenez vos cadeaux, rendez nous notre pouvoir d’achat ! »

Le message des neuf organisations syndicales et associations de retraités est on ne peut plus clair. Poursuivant leur processus de mobilisation unitaire, ces organisations parmi lesquelles l’UCR-CGT, appellent les retraités et pensionnés à manifester devant les permanences des députés de la majorité qui ont voté « sans états d’âme » toutes les réformes qui portent atteinte à leur niveau de vie et leur pouvoir d’achat. Ce 31 janvier comme lors des mobilisations précédentes les retraités exigeront :

  • l’annulation de la hausse de la CSG pour tous les retraités ;
  • la revalorisation des pensions, conformément au code de la sécurité sociale, à la hauteur de l’inflation : 1,7 % pour 2018 ;
  • le retour à l’indexation sur les salaires ;
  • le maintien de la pension de réversion selon les modes de calcul actuels.

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1 réaction

  1. Bonjour et merci pour votre appel à mobilisation. Les sujets de mécontentement sont assez nombreux pour qu’elle ait toutes ses chances d’aboutir.
    Le partage équitable des fruits du travail de chacun et une vaste réforme fiscale sont des priorités absolues. La concurrence entre pays d’Europe et autres, à l’ère des échanges massifs de marchandises, de capitaux, de technologies et d’humains implique de tendre rapidement vers une harmonisation des législations entre pays, notamment au sein de ceux ayant adopté l’euro comme monnaie commune. Ce qui oblige à une harmonisation immédiate, au besoin par le force des contestations et des rappels des règles élémentaires de l’économie. Aurait-on admis qu’en France, à l’époque du franc, la Corrèze et le Doubs (par exemple) deviennent des paradis fiscaux et que les salaires à Guéret soient 10 fois moindres qu’à Paris et les dispositions sociales et politiques en total décalage ? Bien sûr que non ! Eh bien, l’UE l’a fait ! Et nous ne cessons de nous étonner que rien ne fonctionne correctement, sauf pour le business et la finance, quoi que …! Malgré toutes les libertés accordées aux acteurs économiques, il a fallu renflouer les banques avec de l’argent public !! L’ultra-libéralisme est une folie nombriliste d’une minorité insatiable. Ces obsessions sont en passe de tuer le libéralisme intelligent, celui qui consiste, comme en matière de circulation automobile, cycles ou piétonne, d’être libre d’agir et de se déplacer à la condition draconienne de respecter un code de la route commun « La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres ». La seule menace de récupération (encore !!) par l’extrême droite des colères des citoyens devrait inciter tous les partis démocrates à s’entendre très vite sur l’essentiel. La responsabilité des débâcles actuelles n’est pas attribuable uniquement au gouvernement en place. Allez ! courage !

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