18ème Congrès Ugict

Quel modèle de développement voulons nous ?

Responsable socialement et écologiquement

Lire la suite...
22 mars 2018

Temps de lecture : 5 minutes

 

La première table ronde du 18e congrès de l’Ugict pose directement la question de la position du syndicalisme face aux deux enjeux essentiels qui s’imposent déjà, la « révolution » numérique et les transformations environnementales inéluctables qui s’annoncent. Ces profondes mutations déterminent des questionnements de sens, d’éthique et sur le développement industriel : produire pourquoi et comment. Il s’agit de préserver, de porter et de conforter l’intérêt collectif.

C’est à ces problématiques qu’Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac et Grégory Lewandowski de Thales ont apporté des éléments de réflexion.

Pour Aurélie Trouvé, chercheuse dans l’agroalimentaire, « on ne peut pas consommer autant qu’avant » alors que la tendance au décroissement des rendements agricoles se confirme. Il faut donc quitter le « productivisme » La question écologique n’est pas une préoccupation de riches, observe-t-elle. Les ouvriers et exploitants agricoles étant dors et déjà les plus exposés, sans parler les populations du Sud : « Tout le monde est concerné par le changement climatique ».

Faire converger écologie et social

Il est donc nécessaire faire converger l’écologie et le social qui ont trop tendance encore à s’ignorer. Pour exemple, elle cite le traité de libre échange entre l’Europe et le Canada, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), ratifié le 15 Février 2017, qui non seulement, remet en cause les normes européennes de sécurité et, pour des impératifs de compétitivité, va accentuer le transfert des salaires vers le capital. Et de citer aussi l’évasion fiscale qui permet notamment aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon et consorts) d’échapper au fisc privant les finances publiques d’autant de ressources. Pourtant, éclaircie dans ce paysage gris, la justice vient d’acquitter Attac dans un procès engagé par Apple, pour occupation illégale de ses locaux, que le tribunal a qualifié d’action d’intérêt général. Elle fustige aussi le Président Macron qui sous prétexte de soucis environnemental, n’en finit pas de favoriser les grands groupes devenant ainsi le champion du « greenwashing ».

Grégory Lewandowski, quant à lui, replace le numérique dans une définition plus globale que sa définition commune : « Le numérique, ce sont des données, des supports et des composants ». Numérique est aussi synonyme de DATA, de données, de souveraineté et de sécurité. « Il ne reste plus qu’un seul fabricant, franco-italien (STMicro), en Europe et il déplore l’absence de filière industrielle européenne. Il insiste sur l’évolution des métiers induits par le développement des outils numériques en soulevant la question de  leur  impact sur l’emploi. Impact difficilement quantifiable aujourd’hui. Si certains métiers sont appelés à disparaître d’autres sont en construction. Comment anticiper s’interroge-t-il. Comment envisager une  gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC) en fonction de ces nouveaux métiers, comment les rendre attractifs ?

Replacer l’humain au centre de la réflexion sur le numérique

Il souligne aussi que le numérique est souvent le prétexte pour s’attaquer aux conventions collectives. Pour lui, le défi qui nous incombe aujourd’hui est d’imposer les salariés dans la boucle du numérique. Que veut-on : des robots qui remplacent les salariés ou des cobots qui les assistent. Veut-on une chirurgie robotisée avec d’énormes investissements et entraîner la concentration des unités médicales ou des cobots, assistants des praticiens, plus légers dispersés sur tout les territoires et au service des patients dans un véritable service public ?

Gregory Lewandowski aborde aussi le danger que représente la masse considérable de données relatives à la santé recueilles, par exemple par IBM, et dont la moitié sont fausses ou partielles. Il s’interroge aussi sur l’utilisation qu’en feront (en font) notamment les société d’assurance ou de prévoyance.

Les très nombreuses interventions qui ont suivi démontrent que les axes de réflexions et les revendications de l’Ugict-CGT s’inscrivent parfaitement dans ces questionnements. : droit d’alerte, de refus et de propositions alternatives, besoin de crédits pour la recherche, les risques de la libéralisation des services publics, la nécessité de relocalisation des activités, les craintes sur la gestion des données, le droit à la formation, la reconnaissance des diplômes…

On ne peut plus aujourd’hui opposer la création d’emplois à la question écologique, à la « révolution » numérique. Ils ne sont que des volets différents, et indissociables, de la même question : quel modèle de développement et quel modèle de société voulons-nous ?

 

Réagir

Votre mail ne sera pas publié.

S'abonner à la lettre .info

Top